2 février 2012

Aventure quand tu nous tiens ...

Les petits joueurs auraient taper 1 ; les détracteurs auront taper 3, 4 et machin chose ... mais nous, les vrais joueurs, les durs de durs (??), eh ben nous, on n'est peut être pas nés en Afrique, mais on tape 2 quand même ! (merci Tristan... on est ensemble !)
Fous ? Non !
Inconscients ? sûrement un peu...
Soif de découverte ? Oh oui !!!
Gilles et Alain aux volants, nous voilà partis sur la piste chaotique en direction de Booué. Quetah, notre chauffeur safari, a estimé que nos 4x4 étaient "suffisants" pour le trajet. Il a emprunté cette route le 17 décembre pour aller voter et le bac fonctionnait. Il a juste dû couper des branches qui bloquaient le chemin. Nous sommes donc confiants... enfin, nous n'avons pas le choix, nous n'avons trouvé personne d'autre dans le village qui avait pris cet itinéraire dernièrement...

La piste est déserte : la nature et nous !
A tel point que mon imagination divague et je nous vois déjà entourés de gorilles...sauf que tout cela devient concret au détour d'un virage ! Un mandrill mâle, majestueux, sort de la forêt pour nous couper la route. Nous stoppons net ! Nous sommes tellement saisis que nous n'avons pas le réflexe de dégainer l'objectif. Il prend son temps pour traverser : nous ne le contrarions pas ! Il rentre dans la forêt. Nous pouvons reprendre la route. Enfin, pas pour longtemps... à la prochaine intersection, nouvel arrêt : Alain a crevé ! Pas d'bol ! Faut dire que l'état de la piste met nos véhicules à rude épreuve... nos cervicales aussi ! Roue de secours et on repart. Nous quittons bientôt la savane pour pénètrer dans une forêt dense qui nous enveloppe. Au sol, les mictions fraîches d'éléphants... ils ne sont pas loin ! Les singes, de la cîme des arbres, crient pour prévenir la forêt de notre passage. Nous sommes certainement observés, mais ne verrons aucun d'entre eux : flippant !
Le chemin se resserre, la forêt empiète sur le passage. A tel point que très vite, Gilles doit dégainer le coupe-coupe pour débrousailler afin que nous puissions passer.
L'atmosphère est très humide ! Nous faisons une pause pipi et clope pour nous détendre : la tension est visible sur tous les visages. Ca fait 2 heures que nous roulons et il nous reste encore 27km !

Pause pour vous aussi : voici une petite vidéo pour vous mettre dans l'ambiance, avec en prime le rire très "détendu" de Martine... poussez le son à fond, c'est par ici (mot de passe : FORET)

On ne s'attarde pas trop, il ne faut pas oublier que nous sommes au coeur de la forêt équatoriale et les moskitos nous attaquent ! La route devient boueuse par endroit. Au loin, un 1er franchissement nous attend, la piste s'est creusée et la terre s'est gorgée d'eau : à gauche, la colline + à droite, le ravin = on n'a pas le droit à l'erreur !
Gilles se lance... le 4x4 chasse à l'arrière, patine un peu mais s'en sort. Idem pour Alain. Nous n'avons pas le temps de réfléchir, un 2ème franchissement se présente : on fonce, il ne faut surtout pas s'embourber ! On s'accroche, le silence est de plomb dans l'habitacle. Même une mouche (si elle avait la chance de survivre dans notre 4x4) se serait tue ! La voiture glisse, dérape de tous côtés, Gilles tente de redresser et y arrive in extremis : le 4x4 s'est arrêté à 30 cm d'un tronc d'arbre ! Le souffle coupé, le coeur à 300km/h, on observe Alain amorcer son passage : il s'en sort avec cran ! Mais nous perdons MC : les nerfs à vif, elle craque...claustro, la forêt l'étouffait déjà, mais là, ça en est trop ! Même Llona avait poussé un cri de surprise "Ouh la, j'ai eu peur..." (oui, que ça !)
Vérification des 4x4 : tout va bien.
On peut continuer : mais combien de franchissement allons nous devoir encore subir ? Heureusement, ce sera les seuls... mais que cette route paraît interminable !!
Puis la piste s'élargit avant de déboucher sur une descente abrupte puis sur ... l'eau ! Oui, au bout de la piste, une seule chose : le fleuve Ogoué... et rien d'autre ! Comme ça, de but en blanc...
On se demande si c'est une blague. Tout ce chemin parcouru pour se retrouver dans une impasse... pas question de faire marche arrière ! L'espace d'un instant, c'est le vide dans nos têtes.
Gilles descend à pied jusqu'à la berge et revient avec le sourire : le bac est sur la rive en face ! (je vous rappelle que l'Ogoué est le plus gros fleuve du Gabon, les deux rives sont donc séparées d'au moins 1km)
Oui, mais comment allons nous le prévenir de notre présence pour venir nous chercher ?
Eh bien, avec la bonne vieille méthode ! On se met au bord de l'eau et on crie en agitant nos bras :
- " O mon batOôoooO ! "...."Ohé... capitaine abandonné ?"... "Escoussez-mouoi, vou zête vraiment très zentil"...
Ca marche ! 2 silhouettes apparaissent de l'autre coté et on entend l'écho :
- "On va les appeler"
Merci ! nous sommes sauvés...
Le sourire revient sur les visages...on se tente même à quelques petites blagounettes et bien sûr à se moquer du plus trouillard d'entre nous, comme si les autres pouvaient se la péter... et Gégé, d'en rajouter :
- Moi, je n'ai jamais douté !
- ...
Ouais, c'est c'la ouais !
La traversée se passe à merveille. On reprend notre souffle et profitons du paysage. Le chef du bateau nous avoue ne pas voir beaucoup de blancs par ici. Le passage nous coûte un "coca", un pourboire ici. Nous lui donnons 10000CFA (15 €). A son sourire de 1000 dents (enfin, moins quelques unes...), nous devinons qu'il a gagné sa journée... que diable, c'est notre sauveur !
Mais revenons à nos moutons, il nous faut maintenant trouver de l'essence si on ne veut pas pousser les 4x4. C'est bien beau de jouer les Indiana Jones, mais faut rester pragmatique !
Dans la ville de Booué, pas de station service... ben, mince alors, on nous aurait menti ? C'est pourtant marqué sur la carte... on demande à un passant :
- Ok ! tu veux du gazole ?
- Non, de l'essence !
- Ah...hum, hum...
Oh, p....n ! Vu sa tête, ça pose problème...
- Attends ! j'appelle mon ami Baba...
C'est ça, fait l'appel à un ami ! parce que le 50-50, l'avis du public, le switch et tout le tralala, on a tout laissé dans la forêt, on n'a plus rien !!
- ...
- ... combien tu veux ?
- 100 litres !
- ... hum... c'est bon !
Et là, mes amis, vous avez voulu du typique... en voici, en voilà ! On débarque à l'épicerie de Baba, au bout de la piste, au milieu de nullepart. Pourtant, le lieu est animé !
Baba, dans sa longue djellaba, sort 5 bidons de 20 litres, un bout de bouteille-entonnoir en guise de pompe et une gratounette pour casserole en guise de filtre !
Moi, je dis : Grand luxe, le Top du Top !
Bon ben, le temps de remplir les deux réservoirs, on a le temps de faire connaissance avec la moitié du village. Les jeunes femmes nous présente leurs bébés. L'une d'elle est même excitée à l'idée que la photo de son bébé puisse bientôt circuler sur internet. Llona s'improvise petite maman. Gégé fait sa tournée pour serrer les mains, comme s'il était candidat aux futures élections. Gilles et Alain surveillent l'avitaillement. Martine mitraille. MC clope... (pour s'en remettre !)
Le temps s'arrête, nous sommes dans un autre univers !
Le boulot fini, il fait faim ! Pas d'problème !
"Bip, bip", le taximan nous guide au "restaurant de la gare", duquel nous avons fait l'erreur, à la fin du repas, de passer derrière et de voir l'eau de la plonge qu'ils changent, quand même, tous les 3 jours !

Faut partir ! La route est encore longue pour rentrer à Libreville et la nuit tombe tôt. Nous roulons d'abord sur la piste, puis sur la RN2 : un billard ! Cette route est ni plus ni moins construite par les chinois : ils sont partout ceux-là ! Ils ont même implanté deux usines que nous apercevrons en bord de route : la force jaune !
Malgré quelques convois de grumiers et de transport de zébus, cette portion du trajet sera quasiment tranquille.
Nous arriverons quand même vers minuit à la maison. Avec un départ matinal à 8h30, nous aurons donc mis presque 16 heures pour faire 550 kms !
Repos bien mérité pour tout le monde, bien que les esprits soient encore marqués par cette folle journée.
Un seul mot : INOUBLIABLE !

Lopé Aventure

5 commentaires:

sandra a dit…

bon là j'avoue j'étais très bien derrière mon écran !!!même si ?? là c'est vraiment l'aventure et ça fait envie un peu ...un peu!!
MERCI j'avais déjà eu un rapport ...mais au travers de tes mots c'est sensas'.....
bises tendres à nos apprentis aventuriers

Mamina a dit…

J'ai plus peur des zhommes que des zanimaux : faites quand même gaffe à fréquenter des contrées aussi peu peuplée, qu'on vous retrouve pas dans un chaudron entourés de légumes, hein ! On veut vous embrasser encore, nous.

Josée a dit…

Que d'émotion !!!!là on peut dire l'aventure c'est l'aventure !!!!

J'avoue que je me mets à la place de MC je pense que j'aurais réagi comme elle

J'espère que vous avez remercier Gilles comme il se doit car il manie bien le coupe coupe !!!

Finalement une petite tronçonneuse ne serait pas négligeable pour votre prochaine sortie mais là n'oublier pas l'essence

Bon tout c'est bien terminé et vous n'êtes pas tombé en panne
d'essence

Pensons bien à vous Bises Josée

seve a dit…

ÉNORME!!! Quelle aventure et quel récit!
Ça fait envie tout ça...
Profitez en à fond.
Des bisos à vous 3

dems a dit…

non mais il faut être un peu toc toc pour faire cette balade

par contre à lire c'est super

merci à l'écrivain...

séverine