C'est donc cette région que nous partons découvrir en pirogue. Certes, une pirogue "moderne" avec un moteur et un peu plus large qu'un tronc d'arbre comme les pirogues traditionnelles. Mais malgré tout, c'est sportif ! Nous parcourons des eaux troubles où cohabitent caïmans, hippopotames et multiples poissons. Les eaux étant trop hautes, nous ne les verrons pas mais à la grande saison sèche, les lacs sont presque à sec et on peut ainsi les rencontrer.
Tout le monde prend place dans l'embarcation et c'est parti pour la journée !
On longe les rives de Lambaréné avant de s'enfoncer au sud dans la forêt équatoriale. Ci et là quelques hameaux et baraques de pêcheurs; des épaves de bateaux (enfin du moins, ils n'ont plus trop l'air de fonctionner...). Nous croisons quelques pêcheurs dans leur "tronc d'arbre" flottant.
Notre première escale se dessine au loin : l'île de la mission Ngomo dominée par son église en pierre de latérite ocre. Cette mission protestante a été créée en 1898 par un pasteur allemand afin d'évangéliser les enfants des villages. Aujourd'hui, les lieux sont quasi-déserts. L'école a été fermée il y a quelques années. La plupart des bâtiments sont à l'abandon. Seule une douzaine d'habitants vivent encore là. Nous avons discuté avec l'un d'eux qui revenait de sa pêche. Ils survivent tant bien que mal sur l'île pour accompagner les anciens qui veulent y finir leurs jours. Mais dès que le dernier sera parti, tout le monde partira à la ville et la mission sera laissée à son triste sort ! En attendant, la végétation a commencé à reprendre ses droits et nous parcourons l'île à travers la pampa ! Les paysages sont magnifiques, hors du temps...
Nous reprenons la navigation pour atteindre le plus grand lac, le lac Onangue. Découverte d'une végétation particulière : la mangrove. Elle regorge d'oiseaux, pélicans et je ne sais quoi encore mais franchement parfois il vaut mieux pas savoir ! L'eau est opaque et tous ces "roseaux" doivent bien cacher plein de bestioles à 2 têtes ! On se fraye un chemin avec la pirogue au milieu de ces herbes hautes puis soudain... on broute avant de stopper net ! Le moteur s'est enlisé dans les racines ! Et m...e ! Jean Pierre, notre pilote, se dresse et utilisant ses mains en porte-voix, appelle au secours ! Après coup, on en rirait presque tellement son reflexe est ridicule ! Mais enfin, Jean Pierre, on est paumé au milieu de nullepart ! Qui veux-tu qui nous entende ? Les hippos... peut être ? pfft... sur le coup, on en mène pas large et dans ma tête, me viens le refrain "quand te reverraaaaaiiii-jeeeuuuu, pays merveilleux ?", puis la reflexion "encore un truc à raconter sur le blog..." Et ouais, vous vous rendez compte c'qu'on est prêt à faire pour vous : on risque nos vies rien que pour vous distraire !!
Mais bon, revenons à l'action ! Les hommes se rebroussent les manches (enfin, ils sont déjà en manches courtes, il est midi, nous sommes en plein soleil !) et tirent sur les tiges afin de dégager le bateau mais ça ne suffit pas, alors Jean Pierre se jette à l'eau ! Ben, sur c'coup là, c'est pas moi qui vais l'aider ! Une dizaine de minutes plus tard, le bruit du moteur résonne à nouveau et le sourire revient sur les visages. Ouf !
On poursuit à travers lac, laissant la mangrove... vaut mieux ! La brise nous rafraîchit à nouveau après avoir dégouliné un bon quart d'heure.
Direction l'île Evaro, où nous poserons le pique-nique. A notre arrivée, le spectacle est désolant ! Sur cette île perdue au bout du monde, se nichait un hôtel de luxe pour accueillir les européens. Il n'en reste que des fantômes ! Les lieux ont été désertés en 2008, après faillite. Les occupants semblent être partis en coup de vent : les clés sont encore accrochées à la réception, la vaisselle trône sur le mobilier, la piscine est remplie mais d'une eau verdâtre... On imagine que le site fût splendide avec ce parc parsemé de bungalows avec vue sur le lac, ses sculptures en bois et son confortable mobilier en rotin disposé sur la terrasse, mais qui abrite surtout aujourd'hui les araignées. Bref nettoyage fait, nous squattons ce salon en plein air pour la pause déjeuner. Les cuisines de l'hôpital nous ont rempli la glacière : poulet sauce basquaise, semoule et pomme ! Pique nique royal sur une île déserte !
Rassasié, on repart pour rendre visite à un pêcheur vivant dans une de ces baraques que nous voyons sur les rives depuis ce matin. L'homme nous accueille avec le sourire. Dans ces endroits reculés, nous sommes toujours bien reçus par des locaux heureux de voir du monde. Son "exploitation" est dispersée au milieu de la forêt où il entretient également son jardin : ananas, avocatier, palmier, bananier, patates douces... La pêche apportera le reste : son matériel est rudimentaire ! Mais il a l'essentiel : le sourire et la santé ! Cette vie paraît à mille lieux de nos idéaux occidentaux, et pourtant...
L'après midi est bien avancée, il est temps de rentrer avant que la nuit tombe : deux bonnes heures de voyage pour revoir Lambaréné. De quoi admirer encore et toujours cette végétation luxuriante, guetter les singes dans les cimes, saluer les riverains ou encore croiser les convoyeurs d'okoumé.
Nous sommes tous claqués, l'esprit rêveur... Marie s'en va même à deviner un gabonais en train de boire dans les nuages !! Elle s'était déjà exclamée en voyant une girafe qui n'était autre qu'un tronc d'arbre... mais bon, on dira que l'air gabonais est euphorisant pour certains ! En tout cas, ça nous aura bien fait marrer !
Voici les photos :
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| En pirogue |








7 commentaires:
Super reportage,ma Chérie....ça donne envie d'y aller!!!! Décidément à chaque voyage... il y a une nouvelle aventure !!!!!
Dis-moi.... j'ai l'impression que ton blog intéresse les portugais!!!!!
Plein de bisous mes pougnousses
décidément, en voiture ou en pirogue, la végétation a du mal à vous laisser passer !!!
super reportage je confirme, en te relisant j'ai encore l'impression d'y être Gros Bisous
MOI ce que j'ai adoré c'est le "au secours" au milieu de nul part !!
MDR...désolée pour le comm' très tardif mais ici j'ai pas eu beaucoup de temps à moi ces derniers temps...un nouveau post sur mon blog pourra vous donner des nouvelles ou pas !!
bises à vous 3
Moi ce qui me fait rire c'est qu'en Afrique ils se rebroussent les manches... Alors qu'ici on les retrousse !!
Ptdr
Sandy : ça y est, j'ai visité ta baraque... on sait jamais au cas où un latte machiato traînerait au coin du feu !
Vané : c'est l'africanisation des mots ça, ma p'tite dame ! Mais t'as l'oeil partout ma parole ! J'l'ai fait exprès bien sûr...
pour info saches qu'ici ce n'est plus du latte machiato mais du chaï latte (thé aux épices avec un nuage de lait !! hum!!)quand à la cheminée on ne l'allume presque plus, nous commençons a aller grattouiller dans le jardin sous un doux soleil ...le printemps est là...et j'avais bien vu les manches rebroussées mais MOI je n'ai rien dit ...;-))
bises à vous et à très vite
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