Mais je n'avais pas encore rencontré le professeur Ange Ratanga Atoz, célèbre historien gabonais.
Alors, vaut mieux tard que jamais !
Devant la Cathédrale Sainte Marie, Ange nous accueille avec sourire et humour, là où l'histoire de LBV (Libreville pour les intimes !) a commencé au 19ème siècle. L'homme ne raconte pas, il interprète l'Histoire ! Nous avons affaire à un véritable personnage ! Enfin un gabonais qui valorise son patrimoine...
Oui ! la ville n'a pas plus de passé, tout simplement parce que le Gabon n'était qu'une terre de passage pour les ethnies migrantes depuis l'Afrique de l'est, pour les esclaves et pour les colons d'abord portugais, hollandais puis français.
Ce n'est qu'en 1839 que les français décident d'asseoir leur position militaire dans le pays, au moment de l'abolition théorique de la traite des noirs. Malheureusement, pendant quelques années, les colons ont continué à exploiter un réseau parallèle d'esclaves, avec l'aide de marchands gabonais qui vendaient leur propres frères ! La loi de l'offre et de la demande !
En 1842, les français en profitent donc pour proposer au Roi gabonais Louis, la protection de ses côtes contre une terre située sur une colline au bord de l'estuaire du Komo : le Fort d'Aumale y est alors édifié pour les troupes de la marine francaise. Il domine Port Môle, comptoir commerçant entre colons et notables Mpongwé : il constitue aujourd'hui le principal port de pêche librevillois.
Les missions catholiques se multiplient alors dans le pays. Le père Bessieux s'installe à côté du fort et faît bâtir les premiers bâtiments. Les soeurs le rejoignent pour ouvrir des monastères visant à évangéliser les esclaves féminins. A ce jour, la mission Sainte Marie (où je donne des cours) et la communauté des Béatitudes existent encore.
Ange nous fait visiter le quartier où certains édifices du 19ème subsistent : le premier séminaire, la maison de Monseigneur Bessieux et l'église primitive Notre Dame de Neiges bâtie en 1864 en pierre de latérite, devant laquelle ce religieux est enterré avec 3 de ses confrères. Nous découvrons également des bâtiments plus récents comme l'église du monastère Marie Reine construite en 1982, la Légion de Marie et la mission Sainte Marie. Enfin, la Cathédrale Sainte Marie, bâtie sur les vestiges du Fort d'Aumale en 1958, domine l'ensemble avec son allure de vaisseau.
En 1849, les officiers français démantèlent le dernier négrier brésilien l'"Elizia" arrêté à Port Môle. Les esclaves extraits des cales sont envoyés au Sénégal. Les colons français en font revenir une trentaine qu'ils installent dans un petit village "chrétien" sur la Montagne Sainte pour l'exploitation des plantations. Ce groupe d'esclaves affranchis constituent les premiers habitants de la future capitale gabonaise, symbole de la liberté : ainsi née Libreville, ville aux 7 collines ! Les 6500 habitants des collines environnantes, essentiellement issus de la tribu Mpongwé, viendront se mèler à eux pour former le noyau de l'actuelle population librevilloise.
Par la suite, l'administration coloniale française affirmera sa présence sur la colline voisine appelée "Le Plateau" (actuel siège du Palais Présidentiel !) et les explorateurs français partiront à la découverte de l'intérieur des terres durant toute la deuxième partie du 19ème siècle.
En 1885, Libreville deviendra le chef lieu du "Congo français", territoire réunissant le Gabon et le Moyen Congo et nomné officiellement colonie française à la Conférence de Berlin, visant à partager l'Afrique entre les colonisateurs européens.
Voilà pour la petite histoire !
Les photos, c'est par ici : bonne visite !
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| Origines de LBV |




2 commentaires:
Coucou mes gabonnais préférés...
ça me rappelle des souvenirs, y a des endroits que je reconnais !!!!
Plein de bisous à vous trois
A bientôt
ahhh!!! tu m'en diras tant ...bravo pour ce cours d'histoire
bises tendres
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